Pourquoi choisir un thérapeute lui-même neuroatypique change tout

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On ne peut pas réécrire le passé. Mais si je le pouvais, j’aurais aimé rencontrer un thérapeute neuroatypique bien plus tôt. Je crois que ça aurait changé pas mal de choses.

Cinquante ans d’errance psychiatrique, des dizaines de soignants bienveillants et enfin un diagnostic qui a tout remis en ordre : autiste, HPI, TDA. C’est de là que je parle quand j’accompagne mes clients neuroatypiques, de l’intérieur.

Dans cet article, j’explore ce que ça change concrètement d’être suivi par un thérapeute neuroatypique qui partage votre vécu et comment choisir la bonne personne pour vous accompagner.

Être formé à la neuroatypie ou vivre avec : ce n’est pas la même chose

Ce que la formation apporte (et ce qu’elle ne peut pas donner)

Un thérapeute peut se former à la neuroatypie. Il peut lire les études, suivre des supervisions, apprendre à reconnaître les signes d’un profil autiste, HPI ou TDA. Cette formation est précieuse, vraiment (et j’aimerais que de plus en plus de soignants soient sensibilisés aux neuroatypies). Elle permet de ne pas passer à côté, de poser les bonnes questions, d’adapter son approche.

Mais il y a quelque chose qu’aucune formation ne peut transmettre : savoir ce que ça fait de vivre avec un cerveau neuroatypique. Savoir ce que ça fait de chercher ses mots au mauvais moment, d’être épuisée par une conversation ordinaire, de ne pas comprendre pourquoi les autres semblent naviguer si facilement dans un monde qui vous résiste.

En fait, c’est juste que ce n’est pas la même chose.

Le vécu incarné : comprendre de l’intérieur

J’ai passé l’essentiel de ma vie sans savoir que j’étais autiste, HPI, TDA. 50 ans sans que mes troubles anxieux soient reconnus. 50 ans sans explication sur mon extrême fatigue, mes difficultés de communication, mes dépressions sévères et chroniques qui revenaient sans que personne ne cherche vraiment pourquoi.

J’ai vu des psychiatres, des psychologues, des psychothérapeutes, des médecins, des thérapeutes, j’ai vu tellement de personnes… J’ai fait un séjour de trois mois dans un établissement psychiatrique. En cinquante ans, personne n’a jamais posé l’hypothèse de la neuroatypie.

Il y a de nombreuses raisons à cela :

  • Parce que la neuroatypie est encore mal connue
  • Parce que la grande majorité des soignants sont neurotypiques, ce qui signifie, sans qu’ils en aient forcément conscience, qu’ils ont tenté de me faire rentrer dans un moule qui n’était pas le mien
  • On a soigné des symptômes sans jamais chercher la cause réelle

Je crois sincèrement qu’aucun soignant n’a cherché à me faire du mal intentionnellement, ils ont tous fait de leur mieux, avec le vécu et les connaissances qu’ils avaient.

Ce que je dis là n’est clairement pas une critique des thérapeutes neurotypiques c’est juste un constat.

La double empathie, ou pourquoi la relation thérapeutique est différente

En 2012, le chercheur Damian Milton a formulé ce qu’il a appelé le problème de la double empathie. L’idée centrale, c’est que les difficultés de communication entre personnes autistes et neurotypiques ne viennent pas d’un déficit autistique. Elles viennent d’un manque d’empathie mutuelle : les neurotypiques ont autant de mal à comprendre les autistes que l’inverse, ils en sont simplement moins conscients.

En thérapie, cela peut avoir un impact considérable. Quand le thérapeute partage le même mode de fonctionnement que son client, une grande partie du travail de traduction disparaît. On n’a pas besoin d’expliquer pourquoi le regard direct est épuisant, pourquoi certains silences sont confortables, pourquoi une question trop ouverte peut provoquer un blanc total. On se comprend sans avoir à se justifier.

Pair-aidance et thérapie : des rôles distincts mais complémentaires

La pair-aidance désigne l’accompagnement d’une personne par une autre qui a traversé une expérience similaire. Ce concept, né dans le champ de la santé mentale et du handicap, repose sur une idée simple : le vécu partagé crée une forme de légitimité et de compréhension que la formation seule ne peut pas produire.

En tant que thérapeute, je ne suis pas pair-aidante au sens formel du terme. Mon rôle est thérapeutique, avec un cadre professionnel clair. Mais mon vécu (autisme, HPI, TDA, troubles anxieux, dépressions, burnout) fait partie de ce que j’apporte en séance. Ma neuroatypie est comme une sorte de boussole intérieure, elle me guide pour reconnaître ce que mes clients traversent, parfois avant même qu’ils trouvent les mots pour le dire.

Ce que ça change concrètement d’être accompagné par un thérapeute neuroatypique

Se sentir moins jugé et mieux compris

Il y a quelque chose qui se passe différemment quand on sait que la personne en face de soi a vécu, ou vit encore, ce qu’on traverse.

Dans ma pratique, je peux dire à mes clients qu’ils ne sont pas seuls. Et ce n’est pas une formule creuse, c’est un réconfort, vraiment. Parce que je le vis, ou je l’ai vécu. Parce que d’autres personnes que j’accompagne le vivent aussi. Cette phrase-là, quand elle vient d’un thérapeute neuroatypique, elle ne sonne pas creux. Si je me présente telle que je suis, sans masque, dans l’acceptation de qui je suis, avec mes forces et mes faiblesses, j’autorise l’autre à se démasquer, lui aussi.

Ce que ça change, concrètement : la honte diminue plus vite. La personne n’a pas besoin de se justifier, de traduire, de minimiser ce qu’elle ressent pour ne pas paraître excessive. Elle peut juste être là, telle qu’elle est.

HPI, TSA, TDA : un seul thérapeute peut-il accompagner tous ces profils ?

Je ne suis pas médecin, ni psychologue. Je ne pose pas de diagnostic. Mais en tant que personne neuroatypique moi-même, je suis assez bien placée pour déceler chez l’autre des signes qui me sont familiers : les gestes, le ton de la voix, la façon de regarder ou d’éviter le regard, ce que la personne raconte de son vécu et de ses comportements.

Quand quelque chose me parle dans ce sens, je le dis à la personne très clairement, mais en précisant bien que je suis faillible et que je ne peux poser aucun diagnostic. Je l’invite à explorer la question, à tester le Bot Atypique sur mon site, à lire mes articles sur la neurodiversité, et si ça résonne, à aller consulter un psychologue ou un psychiatre spécialisé.

Pour les personnes déjà diagnostiquées, l’accompagnement garde le même cap : utiliser l’hypnose et l’Hypnorésonance(s), une méthode douce qui mêle l’hypnose et des stimulations bilatérales auditives, inspirée de l’EMDR, pour aider mes clients à se sentir mieux dans leur vie. Mais avec plusieurs ajustements :

  • Je fais attention à leur sensibilité sensorielle en présentiel : je leur demande si elles sont bien installées, si elles souhaitent que je baisse la lumière, si la température de la pièce leur convient
  • Je vise d’abord une forme d’acceptation, avant même de viser le changement. L’idée, c’est que la personne arrête d’essayer d’être normale, et qu’elle apprenne à vivre avec sa neuroatypie sans en avoir honte. Le reste viendra ensuite.
  • Je peux nommer ce que je vis ou ai vécu. Pas comme une confidence déplacée, mais comme un repère : tu n’es pas seul·e, ce que tu traverses a un sens.

Témoignage : quand le thérapeute voit ce que les autres n’ont pas pu voir

D. habite à Bordeaux. On s’est vus en visio pour une première séance. Il venait pour des troubles anxieux.

En m’expliquant ses difficultés, il m’a dit quelque chose qui m’a interpellée : on lui avait souvent dit qu’il était timide, mais lui ne se sentait pas timide. Quand il était en confiance, ou qu’on lui demandait de parler d’un sujet qui l’intéressait vraiment, il n’avait aucune difficulté. Il ne comprenait pas bien pourquoi.

Pendant qu’il me parlait, il se balançait légèrement.

J’ai évoqué la piste du TSA. Tout ce que je lui disais lui parlait. Je lui ai conseillé d’en parler à son médecin pour explorer cette hypothèse avec un professionnel habilité à poser un diagnostic.

Six mois plus tard, il est revenu. Diagnostiqué TSA. Et prêt à travailler sur ce que ça impliquait dans sa vie.

Témoignage : travailler ensemble quand on parle le même langage

F. est de Perpignan. Diagnostiquée TSA et TDAH à 30 ans, deux ans avant de venir me voir. Elle était épuisée, elle ruminait beaucoup. Elle voulait se sentir plus en forme.

On a fait six séances ensemble.

Les deux premières en Hypnorésonance(s), une méthode douce qui mêle l’hypnose et des stimulations bilatérales auditives, inspirée de l’EMDR, pour travailler sur les traumatismes du passé qui parasitaient son présent. Les séances suivantes en hypnose, sur la gestion des émotions, avec apprentissage de techniques d’autohypnose pour qu’elle puisse devenir plus autonome et apprendre à agir sur ce qu’on peut agir : soi.

Un gros travail a aussi été fait pour identifier les déclencheurs de ses surcharges sensorielles, source principale de sa fatigue. On a mis en place une stratégie pour les éviter quand c’était possible, et pour les rendre moins envahissants quand ce n’était pas le cas.

Le fait que j’aie moi-même eu à travailler sur ces questions me rendait plus légitime pour les proposer. Je sais par expérience ce qui a été efficace pour moi. Ce n’est pas une garantie de résultat, chaque personne est unique. Mais la plupart de ce qui fonctionne pour moi s’avère souvent utile pour d’autres personnes neuroatypiques, à condition d’adapter les techniques aux particularités de chacun.

L’hypnose et l’Hypnorésonance(s) en visio, adaptées aux profils neuroatypiques

Beaucoup de personnes neuroatypiques fonctionnent mieux depuis chez elles, dans un environnement familier et sécurisé. Pas de trajet épuisant, pas de salle d’attente à gérer, pas d’environnement inconnu ou effrayant.

L’Hypnorésonance(s) fonctionne très bien à distance. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cet article.

Comment choisir son thérapeute quand on est neuroatypique

Les questions à poser

Choisir un thérapeute quand on est neuroatypique, c’est d’abord choisir quelqu’un avec qui on se sent en sécurité. Quelqu’un qui ne juge pas, qui ne sait pas mieux que vous ce qui est bon pour vous, qui ne vous enferme pas dans un protocole tout fait.

J’ai écrit un article complet sur les signaux d’alerte et les signaux positifs à repérer avant de vous engager dans un accompagnement : Comment bien choisir son hypnothérapeute.

Limites et posture professionnelle : ce qui garantit le cadre

Mon vécu neuroatypique fait partie de ce que j’apporte. Mais il ne remplace pas le cadre professionnel.

Je ne pose pas de diagnostic. Je ne prétends pas savoir mieux que vous ce que vous traversez. Et si votre situation dépasse ce que je peux vous offrir, je vous oriente vers quelqu’un d’autre : un psychologue, un psychiatre, un médecin.

C’est ça aussi, un thérapeute qui comprend de l’intérieur : il sait où s’arrête son rôle.

Conclusion

Choisir un thérapeute neuroatypique, c’est choisir quelqu’un qui n’a pas besoin que vous traduisiez ce que vous vivez. Quelqu’un qui sait, au moins en partie, ce que ça fait.

Ce n’est pas une garantie de résultat parce que chaque personne est unique, donc chaque accompagnement l’est aussi. Il y a cependant quelque chose qui se passe différemment quand on n’a pas à expliquer pourquoi le monde neurotypique est épuisant.

Si vous voulez explorer ce que nous pourrions faire ensemble, n’hésitez pas 🙂

Vous cherchez un accompagnement qui vous comprend vraiment ?

Hypnothérapeute à Perpignan et en visio, spécialisée en neuroatypie et traumatismes, je vous accueille telle ou tel que vous êtes, sans jugement et à votre rythme.

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