Les constellations familiales : critique, témoignage, avis négatif et positif, dangers potentiels et limites de la pratique

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Introduction

Depuis deux ans maintenant, je pratique les constellations individuelles et les constellations de groupe, il me semble que je commence à avoir un minimum de recul et d’expérience pour pouvoir faire une sorte de bilan de la pratique, bilan que je souhaite sans concession et le plus objectif possible.

Depuis ma propre expérience, évidemment, mais aussi en examinant les manières de faire d’autres thérapeutes ou « experts » du domaine, j’en suis venue à me poser de nombreuses questions, aussi je voudrais aujourd’hui en relever les limites, les critiques légitimes comme les dangers potentiels afin de redéfinir, dans un second temps, ma pratique personnelle des constellations familiales dans un cadre assaini et débarrassé des hypothèses et croyances pseudo magiques.

Critique des constellations familiales

Définitions et origines

Il existe aujourd’hui des constellations à toutes les sauces, constellations quantiques, constellations hypnotiques, constellations d’entreprise, constellations chamaniques, bref, il est facile de voir que les constellations sont « à la mode » et qu’y sont associées un grand nombre de concepts plus ou moins fumeux et plus ou moins crédibles.

Afin de mieux comprendre ce qu’elles sont, je vous propose pour le moment de revenir à leur origine.

Le fondateur des constellations familiales est un allemand, il s’agit de Bert Hellinger. De sa vie, on sait qu’il a été prêtre jésuite (notamment missionnaire en Afrique du sud, chez les Zoulous) puis qu’il a quitté la prêtrise pour se consacrer à l’étude de plusieurs courants thérapeutiques tels que la psychanalyse, les thérapies systémiques, le cri primal ou encore les thérapies familiales à l’école de Palo Alto.

On pourrait dire, de manière pas si caricaturale que cela, que les constellations familiales sont un mélange entre l’expérience d’Hellinger (sa pratique religieuse mais aussi par exemple ce qu’il a observé chez certaines tribus d’Afrique du sud notamment leurs rituels) et ce qu’il a étudié avant de fonder sa propre thérapeutique et ses théories.

Si beaucoup de facilitateurs actuels (on appelle facilitateur un personne qui dirige une constellation familiale) se sont désolidarisés de l’enseignement d’Hellinger, il me semble utile de s’intéresser aux systèmes de croyances qui fondent sa discipline, quitte ensuite à s’en affranchir.

Dans les années 1990, Bert Hellinger pose donc les bases des constellations, voici comment il les définit d’après l’article Wikipédia consacré aux constellations :

Selon Bert Hellinger, le terme « constellation » (en allemand Aufstellung) est un « raccourci de traduction », la bonne expression serait « poser la famille dans l’espace » (en allemand Familienaufstellung). Selon cette théorie, semblable à la psychogénéalogie, nos comportements, malaises, maladies seraient des reflets de conflits non réglés des générations précédentes. Dans cette perspective, nous faisons partie d’un système familial constitué de nos parents, frères et sœurs, conjoint(s), enfants, ainsi que les générations antérieures et toutes personnes qui ont pu être impliquées dans le destin de notre famille.

Il s’agit donc d’une théorie séduisante et non dénuée de sens : il est évident qu’une part de nos traumatismes peut être en effet liée à un système familial.

Qu’est-ce qui coince, alors ?

Ce qui coince, c’est pour commencer la personnalité même de Bert Hellinger, et ses préjugés sur la thérapie, les femmes, les causes des traumatismes, et j’en passe. Mon but n’est pas ici de cracher sur un homme, mon but est de prendre du recul sur une pratique hautement influencée par les idées d’un homme, idées plus ou moins fantasques, plus ou moins respectables.

Une séance de constellations familiales, qu’elle soit individuelle ou une pratique de groupe, se propose donc de mettre en lumière, par la représentation spatiale, des conflits, des loyautés familiales, conscientes ou inconscientes.

Si vous voulez en savoir plus sur le déroulement d’une constellation, je l’ai décrit dans cet article et comme je ne souhaite pas me répéter, je vous invite à aller le lire.

Revenons à ces notions de loyautés familiales qui sont au cœur des constellations.

Selon Hellinger, une sorte d’inconscient collectif (rien que le terme mériterait un article tant il est fourre-tout mais ça n’est pas le sujet) qu’il appelle le « champ de connaissances »  nous lie les uns aux autres et les constellations familiales sont un moyen d’accéder à ce champ dans le but de revenir à un équilibre originel.

Il ne s’agit pas là de progrès, ou d’un éventuel désir de changement, il s’agit de restaurer ce qui a été déséquilibré.

Hellinger présuppose donc que nous portons en nous des loyautés familiales et que tant qu’elles ne sont pas révélées, nous pouvons en souffrir.

La constellation familiale serait l’espace dans lequel il est possible de s’en libérer aussi bien par la parole que par des rituels plus ou moins symboliques.

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Prétentions, résultats

Les constellations familiales n’ont donc pas pour but initial, selon son fondateur, de faire changer un individu mais de restaurer un équilibre originel.

Ce premier point, en lui-même, est déjà litigieux, parce qu’il présuppose l’existence d’un équilibre de départ auquel il serait bon de revenir.

Il s’agit d’une vision assez autoritaire, et passablement réactionnaire, de la famille et des rôles de chacun au sein de cette famille.

De là, de nombreuses dérives sont possibles, et si on écoute Hellinger, si on l’observe lors de ses « performances » publiques, si on lit ses écrits, on peut être choqué de certaines de ses positions. Je citerai par exemple et totalement en vrac, le fait que selon le père des constellations, une femme doit suivre son mari, un viol ou un inceste sont quasi systématiquement liés au fait qu’une femme n’a pas respecté son mari (le violeur devient donc une victime de cette méchante femme et non plus l’agresseur), un couple qui va mal doit honorer la mémoire d’un jumeau mort, j’en passe et des meilleures…

Si l’intention est bonne, et je tiens à préciser que je considère que la grande majorité des facilitateurs de constellations ont une intention bienveillante, la mise en pratique peut facilement dériver vers une sorte de règlement de comptes pas forcément désirable, ni même efficace.

Il est alors bon de se demander s’il y a une base scientifique, vérifiable, à cette pratique.

Evidemment, non.

Personne ne peut prouver l’efficacité des constellations familiales, il n’existe pas d’étude sérieuse sur le sujet, aucun protocole qu’on pourrait reproduire afin d’en mesurer les effets supposés.

Et, comme ce n’est ni vérifiable, ni prouvable, il est facile de faire n’importe quoi avec ce concept, c’est le risque.

Les constellations sont parfois justifiées par ceux qui les pratiquent par un certain nombre de pseudo-concepts, de science mal digérée ou d’alibis scientifiques, en voici les deux principaux :

L’épigénétique

C’est la science qui est la plus souvent convoquée pour justifier la pratique. Si l’épigénétique a pu prouver que chez les souris, par exemple, certains traumatismes sont transmis sur plusieurs générations, cela ne signifie pas obligatoirement que cela soit transposable à l’homme.

Les traumatismes sont-ils donc inscrits dans notre génome ? Cela n’a pas encore été démontré, et, si tel était le cas, en quoi une constellation pourrait-elle modifier ce génome ? Nous n’avons pas de réponse concrète pour le moment.

La mémoire cellulaire

Nos cellules contiendraient la trace des mémoires de nos ancêtres et, lors d’une séance de constellations, cette mémoire serait comme purifiée.

Preuve ? Aucune… Cela n’empêche pas les facilitateurs de constellations de proposer divers « nettoyages » et, franchement, autant prendre une douche, c’est moins cher et probablement plus efficace.

Un certain nombre de croyances New Age (totalement invérifiables évidemment) se sont greffées à ces justifications pseudo scientifiques, prenons le temps d’en examiner certaines :

Il n’y a pas de hasard

Avouez que c’est une croyance hyper pratique, qui permet de donner un sens à tout, notamment à ce qui pourrait relever de la coïncidence.

Je pense qu’on peut en effet donner du sens à tout, et c’est souvent extrêmement rassurant dans un monde qui peut sembler absurde, mais, tout justifier par des liens familiaux qui nous téléguideraient me semble également caricatural, c’est ne pas tenir compte qu’un individu n’est pas le seul fruit de son éducation familiale, il est également façonné par son expérience avec ses amis, la société, l’école mais aussi sa culture, son milieu social, par exemple.

La répétition de schémas familiaux ne doit rien au hasard 

Il est bon de se demander si, au contraire, il ne s’agirait pas là d’un hasard total 🙂 Peut-on le tester, scientifiquement ? Oui et non…

On peut prouver que, statistiquement, il est extrêmement probable que je vive la même chose qu’un de mes ancêtres au même âge.

Est-ce que cela signifie, si je vis par exemple la perte d’un enfant au même âge que mon arrière grand-mère, que je porte une loyauté familiale inconsciente ? Je n’en sais rien, mais personne ne peut prouver que c’est le cas.

Statistiquement, par contre, c’est tout à fait plausible.

Les constellations familiales reposant donc sur des concepts invérifiables, il n’est pas aisé ni de les valider scientifiquement (c’est impossible, à vrai dire) ni de les critiquer sans pour autant les condamner dans leur ensemble.

Comme j’ai pu vous le dire dans le début de cet article, je suis animatrice de constellations familiales, et je vais continuer à les proposer à ceux qui m’en font la demande, cela ne m’empêche pas d’en examiner les limites, d’en questionner les fondements non plus.

Il me semble que plus on questionne, plus on remet en cause, plus on peut proposer un cadre rassurant parce que, malheureusement, ce cadre rassurant n’y est pas toujours…

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Risques et dangers possibles

Les constellations familiales ne sont pas une pratique « anodine » : lors d’une constellation on vit des émotions puissantes, bouleversantes, on peut y confier ses traumatismes et, dans le pire des cas, si l’on est mal accompagné, les revivre.

Je vais lister ici tout ce qui me semble risqué ou dangereux dans cette pratique (quand elle est mal pratiquée, vous l’aurez compris) :

Le risque de dérive sectaire et/ou de manipulation

Une constellation, ça a un coût, c’est un business comme un autre. Comptez de 50 à 200 euros la journée selon les animateurs.

En principe, les constellations sont censées être brèves, il ne s’agit pas de faire une constellation par mois jusqu’à la fin de sa vie, mais l’une des dérives possibles est de rendre accro la personne à cette forme de thérapie en lui faisant croire qu’il est dans son intérêt d’en faire beaucoup.

Est-il possible que certains animateurs profitent d’un marché du développement personnel en pleine expansion pour fidéliser une clientèle vulnérable en quête de sens et de solutions miracles ? Evidemment que oui !

Est-il possible de dériver dans un mécanisme sectaire dès lors qu’on demande aux participants de ne pas parler des constellations à l’extérieur (ce qui s’explique en partie par une demande légitime de confidentialité mais selon moi rien n’empêche de parler de son expérience personnelle si on en a envie), d’effectuer des rituels parfois improbables (peindre un autoportrait avec le sang de ses règles pour affirmer sa féminité, par exemple, promis je n’invente rien), de ne pas remettre en cause la doxa officielle ? Evidemment que oui aussi.

Si je peux me permettre de vous donner un conseil : si vous vivez une constellation qui vous fait mal physiquement ou moralement, si une constellation réveille un traumatisme sans proposition d’accompagnement, si vous vous sentez ignoré, humilié ou délaissé, ne refaites plus jamais de constellations dans ce cadre.

L’abandon de traitements médicaux pourtant indispensables

Malheureusement, à force de répéter qu’il n’y a pas de hasard et que nous sommes tous responsables de qui nous sommes et de ce qui nous arrive, il était à craindre que des événements malheureux ou tragiques arrivent. Certes, ils sont minoritaires, mais cela ne change rien dans le fond : une activité thérapeutique et/ou de développement personnel ne devrait jamais conduire ceux qui la pratiquent à se mettre en danger physiquement ou mentalement.

Cette pratique n’étant ni reconnue, ni réglementée, il arrive que des personnes y participant viennent pour un motif de santé avec un espoir de guérison.

Je ne redirai jamais assez à quel point il est nécessaire de consulter d’abord, et avant toute autre démarche un médecin et/ou un spécialiste. Ce que la médecine propose est validé scientifiquement, prouvé, vérifiable et aucune thérapie ou pratique thérapeutique ou de développement personnel ne devrait s’y substituer.

Ainsi, si une personne est convaincue (et certains ouvrages des gourous des constellations familiales encouragent cette lecture) que sa maladie est liée à une loyauté familiale, le risque est grand qu’elle n’abandonne la médecine traditionnelle, et c’est extrêmement dangereux.

Je me permets à nouveau de vous donner un conseil : fuyez toute personne qui tenterait de vous faire croire que vous êtes responsable de votre maladie et qu’elle peut se guérir via la pensée magique.

L’abréaction

En thérapie, l’abréaction est un processus qui permet, en exprimant les émotions refoulées liées à un trauma ou à un événement douloureux, une forme de distanciation, de libération.

Quand cette abréaction est exprimée dans un cadre sécurisant, elle peut être extrêmement libératrice.

Lors d’une constellation de groupe, cela peut arriver également. Si l’animateur de la constellation est mal formé ou peu habitué, ou simplement dépassé par la réaction émotionnelle de la personne, cela peut être douloureux pour la personne qui le vit et elle peut mettre du temps à s’en remettre.

Disons-le : il n’est absolument pas normal, et encore moins éthique, d’aggraver un problème ou d’en créer là où il n’y en avait peut-être pas. On ne peut pas jouer avec les traumatismes des gens. On ne doit pas leur dire impunément qu’ils sont responsables de leur viol, de leur maladie ou du fait qu’on les ait abusés ou que sais-je encore !

Si vous vivez une expérience similaire lors d’une constellation, cela n’est pas normal du tout.

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Ma pratique des constellations

Mon expérience personnelle en tant que constellée

Maintenant que nous avons fait un tour d’horizon de ce qui est critiquable et potentiellement dangereux dans la pratique des constellations familiales, je vais vous partager mon expérience personnelle.

En préambule, je tiens à insister sur le fait qu’il ne s’agit que de mon expérience personnelle, une expérience personnelle n’est pas, ne peut pas être, une preuve de quoi que ce soit. C’est uniquement, et simplement, une expérience personnelle.

J’ai découvert les constellations familiales par le biais du psychodrame et de Jodorowski, et j’ai immédiatement été fascinée par cette manière de théâtraliser des événements de vie à la fois intimes et universels. Mais je regardais de loin, en me disant que ça n’était pas pour moi (je suis d’un naturel réservé et l’idée d’exposer publiquement ma vulnérabilité peut me terrifier).

Malgré tout, sur le plan thérapeutique, l’idée de mettre en scène des problématiques, familiales ou pas, me semblait intéressante.

Plus tard, j’ai vécu ma première constellation familiale, puis une autre, et encore d’autres. A chaque fois, j’ai été impressionnée et par ce qui se déroulait lors de la constellation, ce que j’en comprenais, ce que je n’en comprenais pas, et par ce qui s’est débloqué ensuite, concrètement, dans ma vie.

Mon but n’est pas de vous raconter ma vie, mais je voudrais ici apporter mon témoignage puisque c’est cette expérience, répétée, qui m’a conduit à me former et à devenir moi-même animatrice de constellations.

J’ai eu la chance, je la mesure, d’avoir un facilitateur bienveillant et expérimenté, je me suis sentie en sécurité à chaque moment, accompagnée, soutenue.

J’ai également eu la chance de vivre des expériences corporelles et, le fait de me couper de mon intellect, de me détourner de mon mental a été particulièrement libérateur également.

J’ai bien conscience qu’il s’agit là d’une expérience personnelle, qu’un cas (le mien) observé n’est pas suffisant pour prouver la validité d’une démarche, mais cette série d’expériences a été suffisamment impactante pour moi pour que j’aie envie, ensuite, de la proposer à d’autres.

Mon expérience en tant que thérapeute et animatrice de constellations

Voici donc maintenant deux ans que je propose des constellations individuelles et que j’anime des constellations de groupe.

Je les présente TOUJOURS comme des expériences. Ce qu’elles sont !

Est-ce que j’ai des résultats ?

D’après mes clients, oui.

D’après les personnes qui viennent aux constellations de groupe, oui également.

Est-ce que c’est suffisant pour valider cette pratique ? Absolument pas.

Mais, car il y a un mais, si et mes clients et moi-même constatons que c’est une pratique qui leur est bénéfique, pourquoi l’arrêter ?

Je voudrais pouvoir vous parler en détail de ces enfants qui, en constellations individuelles, dévoilent par le jeu des problématiques familiales, disent à leurs parents playmobils ce qu’ils ont sur le coeur, expriment à haute voix, parfois même pendant qu’un de leur parent est témoin de la scène, ce qu’ils ont caché pour ne pas les blesser.

Les constellations sont un jeu, un jeu dans lequel on peut exprimer ce que l’on a caché à l’autre, voire même, ce que l’on s’est caché à soi-même.

Est-ce que c’est « vrai » ?

Je ne sais pas. Honnêtement, je n’en sais rien, et je m’assure toujours de préciser aux participants que je ne cherche pas la vérité, je cherche à accompagner une expérience de jeu pendant laquelle, possiblement, des conflits ou des problématiques peuvent être enfin exprimées. Ce n’est pas rien. En cela, les constellations familiales peuvent être un accélérateur de changement.

Le fait de pouvoir visualiser une dynamique familiale problématique, le fait de pouvoir mettre en scène ce qui nous angoisse ou nous fait honte est un premier pas de côté, une première libération.

J’entends bien que cela peut être dangereux, j’entends bien qu’il y a des dérives à cette pratique, je m’efforce pour ma part de rester humble et de ne pas imposer aux participants quelque croyance ou quelque interprétation que ce soit.

D’ailleurs, je n’interprète pas du tout.

Je laisse jouer et je garantis un cadre à l’intérieur duquel la personne peut s’exprimer sans se sentir jugée.

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De la nécessité d’un cadre sécurisant

Pour conclure, et puisque je considère toujours que ma manière de pratiquer les constellations familiales peut être bénéfique à ceux à qui je la propose, je voudrais ici poser les bases du cadre que je donne à chaque constellation :

  • Sécurité : je m’engage à être à la disposition totale de la personne lors de sa constellation, je l’accompagne, je m’assure qu’elle est en sécurité émotionnellement et physiquement, si la personne est débordée par ses émotions j’interromps la séance et je l’aide à dépasser ce qu’elle vit.
  • Confidentialité : ce qui se dit lors d’une constellation est confidentiel, je demande toujours aux participants de ne parler que de leur propre expérience, s’ils le désirent.
  • Respect du corps : permission est donnée de s’exprimer librement face aux membres de la famille ou aux personnes faisant partie d’une problématique, par contre : interdiction de toucher, de frapper, on peut faire une poignée de main, un câlin mais il faut toujours demander d’abord le consentement de l’autre.
  • Pas d’interprétation sauvage : je m’abstiens de toute interprétation et j’interromps les représentants qui se permettraient de le faire en leur demandant de se taire. Je suis probablement un peu autoritaire, mais je l’assume. 🙂
  • Pas d’humiliation : il est évidemment hors de question que j’humilie ou que je laisse la personne qui fait sa constellation être humiliée ou agressée par qui que ce soit. Si cela arrive, j’interromps également la séance.
  • Pas de prétention à guérir qui que ce soit d’une maladie mentale ou d’une maladie physique : comme je l’ai déjà dit, je ne suis pas médecin. Je peux faire une constellation dont la problématique est liée à une maladie mais cela reste une mise en scène, un jeu, dont le but est d’observer ce qui se joue, pas de guérir.
  • Respect : je m’engage à respecter les limites de chacun. Il est facile, par effet de groupe, de se sentir « obligé de ». Je m’assure régulièrement que personne ne se sent forcé, si je remarque une gêne, j’interviens immédiatement.
  • Information : je présente le protocole et ses différentes étapes, j’annonce mes engagements et pose le cadre que je viens d’énoncer.

A l’intérieur de ce cadre, la personne qui vient faire sa constellation et les membres du groupe (représentants ou témoins) peuvent évoluer librement et de manière sécurisée.

Dans ces conditions, les constellations peuvent être un formidable terrain de jeu, en mettant en lumière dans l’espace les relations entre les membres d’un groupe on peut aboutir à des prises de conscience importantes.

Et il arrive aussi qu’il ne se passe rien, et ce n’est la faute de personne, un cadre est posé, un jeu est joué, peut-être qu’il est intéressant, peut-être qu’il est éclairant, et peut-être aussi que ce n’était pas le « bon » jeu.

Nous sommes des êtres humains, vulnérables, faillibles, formidables aussi. Je crois profondément qu’une personne qui souffre à intérêt à essayer ce qu’elle peut pour trouver sa solution, cela peut se faire par le biais d’une constellation familiale mais pas seulement, et loin de là. J’invite toute personne qui aurait envie de connaître cette expérience à la tenter, à venir jouer, au moins une fois, et dans un cadre dans lequel elle se sent en sécurité.

Cela dit, si cette personne n’en retire rien, et c’est tout à fait possible, je lui conseillerai alors d’essayer autre chose, tout simplement.

Il n’y a pas de méthode miracle, il y a des expériences, certaines sont validées scientifiquement et c’est celles que je vous recommande de tester en premier, d’autres, comme les constellations familiales, sont invérifiables.

Il faut donc les expérimenter si l’on veut savoir, par l’expérience subjective, si elles nous sont profitables ou pas.

Je vous souhaite d’avoir la chance de jouer ce jeu, en toute sécurité, je vous souhaite de pouvoir vivre cette expérience, si elle vous tente, mais gardez toujours évidemment votre libre arbitre, c’est VOTRE expérience, c’est vous qui savez si cela vous convient ou pas et c’est ce qui vous guidera vers ce qui est vraiment bon pour vous.

Pour aller plus loin

Je vous encourage vivement à écouter l’excellente série de podcasts de Méta de Choc sur les constellations familiales, c’est très bien fait et particulièrement bien sourcé.

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