Abréaction en hypnose : ce qui se passe vraiment en séance

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Si vous avez tapé « abréaction » dans Google, vous êtes probablement tombé sur des définitions assez froides. Je vais essayer de vous dire ce que c’est vraiment et ce que j’en observe après 15 ans de pratique.

Abréaction : de quoi parle-t-on ?

L’abréaction, c’est la libération soudaine d’émotions refoulées ou inexprimées, liées à un traumatisme ou à une expérience douloureuse. Le mot vient de Freud. L’idée : ce qui n’a pas pu s’exprimer au moment du choc reste « coincé » et cherche une sortie.

Concrètement, ça peut ressembler à des pleurs intenses, des tremblements, des cris, des rires incontrôlables, des mouvements corporels involontaires. Parfois des sueurs, des sensations physiques fortes. Le corps lâche ce qu’il retenait.

C’est impressionnant à observer. Et ça peut faire peur si on n’y est pas préparé.

Abréaction en hypnose et en psychanalyse : quelle différence ?

Le concept d’abréaction vient à l’origine de la psychanalyse, où Freud et Breuer l’ont théorisé comme la décharge émotionnelle qui accompagne le fait de mettre des mots sur un souvenir refoulé. En psychanalyse classique, elle survient généralement sur un temps long, au fil d’associations libres et de séances répétées, dans un cadre allongé et peu directif.

En hypnose, l’abréaction prend une forme différente. Elle survient dans un état modifié de conscience, souvent de façon plus ponctuelle et plus intense sur le moment, parce que le thérapeute guide activement la personne vers ce qui cherche à s’exprimer plutôt que d’attendre que ça émerge au fil du temps. C’est cette différence de rythme et de cadre qui explique pourquoi une abréaction en hypnose peut sembler plus soudaine qu’en psychanalyse, tout en restant, bien accompagnée, tout aussi libératrice.

En séance, comment ça se passe ?

L’abréaction peut arriver spontanément, quand un souvenir ou une émotion remonte plus fort que prévu. Elle peut aussi être facilitée par le thérapeute, qui guide la personne vers la conscience et l’expression de ce qui était enfoui.

Quand elle se produit, le rôle du thérapeute est de créer un espace suffisamment sécurisant pour que ce qui sort puisse sortir complètement, sans que la personne se sente jugée ou en danger.

Bien traversée, une abréaction peut marquer un vrai tournant : une diminution des symptômes liés au traumatisme, un allègement réel. Mal accompagnée, elle peut au contraire retraumatiser.

Pourquoi certains thérapeutes en voient beaucoup, et d’autres presque pas ?

C’est une question que je trouve passionnante. Et honnêtement, je pense qu’une partie de la réponse se trouve du côté de ce qu’on appelle la prophétie autoréalisatrice.

Vous connaissez peut-être l’effet nocebo : si on vous dit qu’un médicament peut provoquer des maux de tête, vous en aurez plus souvent que si on ne vous avait rien dit. Pas par faiblesse. Par le simple fait que votre cerveau a intégré cette possibilité.

En séance, c’est pareil. Si un thérapeute prépare systématiquement ses clients à l’idée qu’une abréaction forte peut se produire, il ouvre une porte. Et certains clients, surtout ceux qui ont tendance à anticiper le pire, vont la franchir.

De mon côté, après une séance je dis à mes clients ce qui arrive le plus souvent : une fatigue passagère, parfois un léger mal de tête, une sensation de flottement. Parfois des rêves intenses, ce qui est bon signe. Et j’ajoute : si quoi que ce soit vous surprend, vous avez mon numéro.

Ce que je ne dis pas : qu’une réaction intense est possible. Non par omission coupable, mais parce que dans ma pratique, c’est extrêmement rare.

En 15 ans, j’ai eu deux retours de clients qui décrivaient quelque chose qui ressemblait à une abréaction.

L’Hypnorésonance, une approche qui privilégie la douceur

Ce n’est pas un hasard. L’Hypnorésonance combine l’hypnose et des stimulations bilatérales auditives, inspirée de l’EMDR. Mais elle s’en distingue précisément par son souci de ne pas brusquer le système nerveux.

Le cerveau n’a pas besoin d’être secoué pour traiter ce qu’il porte. Il a besoin d’être accompagné, à son rythme.

Les stimulations bilatérales, combinées à un état hypnotique léger, permettent ce travail en profondeur sans passer par la reviviscence intense du traumatisme. On ne replonge pas dans le souvenir douloureux pour le revivre. On crée les conditions pour que le cerveau le range autrement.

C’est une distinction importante. Et elle explique, je crois, pourquoi l’abréaction reste si rare dans ma pratique.

Questions fréquentes sur l’abréaction en hypnose

Une abréaction, est-ce dangereux ?

Non, pas quand elle est bien accompagnée. Le risque n’est pas dans l’abréaction elle-même, mais dans la façon dont elle est gérée : un thérapeute qui reste présent, calme, et qui laisse l’émotion se déployer sans la couper ni la dramatiser transforme ce moment en tournant plutôt qu’en incident. C’est une abréaction mal accompagnée, pas l’abréaction en soi, qui peut retraumatiser.

Une séance d’hypnose en visio pour travailler sur un traumatisme, est-ce efficace ?

Oui, l’hypnose fonctionne aussi bien à distance qu’en présentiel, à condition d’être dans un lieu calme où vous ne serez pas dérangé. Le cadre sécurisant qui permet le travail sur un traumatisme se construit par la relation et la qualité de l’accompagnement, pas par la présence physique dans la même pièce.

Témoignage : une abréaction vécue en séance

Monsieur B., de Millas, travaillait sur un protocole classique de dialogue avec son enfant intérieur, en dissocié (c’est lui, adulte, qui contacte l’enfant qu’il a été, sans jamais « redevenir » cet enfant). Un souvenir traumatisant d’abus a resurgi, et il est sorti spontanément de l’état d’hypnose, en larmes. Je lui ai laissé le temps de retrouver son calme, puis il a choisi de reprendre la séance pour aller symboliquement « sauver » le petit garçon qu’il était.

Et si une abréaction se produisait quand même ?

Ça peut arriver. Même dans une approche douce, le psychisme fait parfois des surprises.

Si c’est le cas pendant une séance, mon rôle est de rester présente, calme, et de créer l’espace pour que ce qui sort puisse sortir complètement. Sans précipiter, sans interrompre, sans dramatiser.

Et après la séance, ma disponibilité reste entière. C’est pour ça que je donne mon numéro à tous mes clients dès le début : pas de question stupide, pas de délai de réponse imposé.

Une abréaction bien accompagnée n’est pas un incident. C’est parfois exactement ce dont la personne avait besoin.

Vous souhaitez travailler sur un traumatisme ou mieux comprendre votre fonctionnement ?

Je vous accompagne en séance à Perpignan ou en visio, à votre rythme, avec une approche douce qui respecte votre système nerveux.

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